Projet de réforme des retraites ? Une seule certitude, les retraités sont les sacrifiés du Gouvernement Macron-Philippe

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Tribune de Virginie Joron, conseillère régionale, présidente du groupe RN Alsace Champagne-Ardenne Lorraine.

La réforme de la Sncf est toujours en cours, la mise en place du prélèvement à la source est balbutiante et cela n’empêche pas le gouvernement de vouloir poursuivre la réforme des retraites. Un énième épisode qui va vers toujours plus de paupérisation d’une partie de la population sous couvert d’un renforcement de la solidarité intergénérationnelle. La réforme des retraites voulue par Macron lors de sa campagne présidentielle réside dans la mise en place d’un système à points pour tous avec l’objectif à terme de la mise en place d’un régime de pension universel. C’est un grand chantier épineux à venir mais on l’aura déjà compris « les retraités sont des insiders qui doivent accepter de faire quelques sacrifices au profit d’outsiders, les jeunes ou les chômeurs par exemple » dixit Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Ifop. La soumission du gouvernement à Bruxelles pour maintenir le déficit des administrations publiques à moins de 3% du produit intérieur brut (PIB) est la source de toutes ces mesures et donc de tous ces « efforts demandés aux retraités » dixit Aurore Bergé.

Avec cette logique de casse des retraités, on constate encore qu’après la hausse de la CSG d’1,7 point en janvier 2018, le premier ministre qui, en mars dernier avait promis un coup de pouce pour les retraités dans la Loi de finances pour 2019, vient de couper tout espoir pour eux de récupérer un peu de pouvoir d’achat. Le gouvernement Macron-Philippe propose de désindexer les pensions de retraite qui ne seront revalorisées que de 0,3% en 2019 ! Alors que l’inflation en 2018 est à 2,3% et celle de 2019 est estimée à 1,7% ! Pour rappel, la règle prévoyait une revalorisation des retraites en janvier sur la base de l’inflation moyenne des 12 derniers mois ! Un coup dur supplémentaire pour les retraités !

Quant aux futurs retraités, même punition ! Impulsée en 2015 par les partenaires sociaux (E. Macron était alors ministre de l’économie) : la fusion des caisses ARRCO-AGIRC va voir le jour le 1er janvier 2019. Son but est de restaurer l’équilibre des régimes ARRCO-AGIRC afin de faire 300 millions d’économies.

Les cadres les moins bien payés qui cotisaient à l’AGIRC vont être pénalisés avec la suppression de la GMP (Garantie Minimale de Points) qui est un système de garantie minimale de 120 points. Un cadre qui n’atteignait pas un seuil minimal de salaire, de par son statut cadre, bénéficiait quand même de ces 120 points Agirc. Autre point négatif, le projet prévoit un système de bonus-malus pour les salariés nés en 1957 et après, qui prendront leur retraite entre 62 et 67 ans au taux plein. Un coefficient de solidarité de -10% par an pendant 3 ans sur leur retraite complémentaire sera appliqué pour ceux qui partiront à 62 ans.  Une manière de repousser le départ à la retraite !

Pour le gouvernement Macron-Philippe, il n’y a pas de débat à avoir sur leurs mesures dévoilées pour compenser la faible croissance en 2019. Rétablir les comptes publics est un engagement qui « sera tenu ». Pour les Macronistes « on ne peut pas demander de réduire la dette sans assumer les efforts à faire ». Certes, mais alors pourquoi l’Elysée a vu ses frais de sécurité exploser ainsi que les frais de représentation de Mme MACRON ? Comment se fait-il qu’une piscine ait vu le jour au Fort de Brégançon après l’épisode de l’achat de vaisselle de Sèvres à plus d’un demi-million d’euros pour assurer les frais de bouche de l’Elysée ?  Et comment expliquer la promotion par Mme Nyssen, Ministre de la Culture accusée d'avoir réalisé des travaux d'agrandissement sans autorisation, d’Agnès Saal condamnée pour détournement de fonds publics (près de 50 000 € de frais de taxi) … ?

La Macronie est un drôle de « nouveau monde » qui ne fait qu’attiser les tensions entre « les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien » ou entre « les premiers de cordée et les illettrés ». Nous dénonçons avec vigueur cette casse injustifiée des retraités qui ont cotisé toute leur vie. Nous rappelons que nous sommes pour que la justice sociale, la défense des travailleurs et la solidarité nationale ne fassent pas l’objet de lubie Bruxelloise !