Grand Est : les illusions de Jean Rottner coûtent cher à nos administrés !

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Communiqué du groupe RN Alsace Champagne-Ardenne Lorraine.

Quatre ans après le vote de la loi NOTRe et la création des grandes régions, les critiques se multiplient à propos de ce qu’on a appelé l’acte III de la décentralisation.

Des experts aussi éloignés idéologiquement que le géographe Georges Roques (dans son dernier livre, « L’illusion régionale : la réforme territoriale en questions », mai 2019) ou Anthony Escurat, le directeur du laboratoire d’idées proche du MEDEF Nouveau cap, ont souligné l’échec de cette réforme des régions, pointant tous les deux un redécoupage « inefficace ».

Ce constat a été rejoint par Hervé Morin, président de la Région Normandie et de l’Association des Régions de France, qui a repris les mêmes arguments le 5 juillet dernier dans Le Courrier des Maires, arguant que ce redécoupage avait fonctionné dans sa Région, où l’identité régionale commune est forte, mais avait montré ses limites ailleurs, comme en Grand Est où le « mariage forcé » a du mal à passer ainsi qu’en témoigne la création du département unique d’Alsace. Enfin, tous reconnaissent que ces nouvelles collectivités sont des « naines » comparativement aux Länder allemands, moins artificiels que les grandes régions françaises et dont les budgets sont quatre à cinq fois supérieurs.

Ces critiques de fond interviennent un an après la publication d’une étude de l’IFRAP (« Régions : les dépenses passées au crible », octobre 2018) qui pointait l’explosion des coûts liés à la mise en place des grandes régions : les dépenses des treize nouvelles grandes régions ont en effet augmenté de 2,6 milliards d'euros entre janvier 2016, date de leur création et 2017 (pour le Grand Est, c’est 14% de dépenses supplémentaires).

Ainsi, il semble de plus en plus incontestable que la réorganisation territoriale de la République était une mauvaise réforme, et qu’il est urgent de la réviser de fond en comble. Mais, pour réformer ces grandes régions il faudrait mettre fin aux privilèges de ceux qui les dirigent. Et si certains, tels Hervé Morin, portent un regard nuancé sur la situation, d’autres ont choisi d’ignorer ces critiques pour s’obstiner à consolider coûte que coûte leurs collectivités. C’est le cas de Jean Rottner, président du Grand Est, qui a récemment lancé un appel d’offre pour 580 000 euros destiné à « construire le fait régional et écrire un récit commun faisant sens auprès des habitants et des partenaires de la collectivité ». Cette opération de construction par le haut d’une identité artificielle sensée fondre ensemble trois régions aux identités fortes et distinctes, l’Alsace, la Champagne-Ardenne et la Lorraine, est évidemment vouée à l’échec. Elle va faire perdre du temps et de l’argent à nos administrés, créer de nouvelles tensions sans jamais régler aucun de problèmes structurels (le manque de cohésion territoriale et administrative, la fuite en avant des dépenses, etc.) auxquels nous devons faire face pour rendre l’action publique locale plus utile et plus efficace.