Pourquoi le Budget Primitif présenté par l’équipe de Jean Rottner n’est pas à la hauteur des enjeux régionaux

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Communiqué de Virginie Joron, présidente du Groupe RN Alsace Champagne-Ardenne Lorraine.

Pendant deux jours, lors de la séance plénière des 12 et 13 décembre 2019 qui s’est tenue à Metz, l’exécutif de la collectivité Grand Est a cherché à convaincre les conseillers régionaux de la solidité de leur stratégie en ce qui concerne les finances publiques régionales… sans y parvenir.

C’est d’abord le manque de clarté et de lisibilité du budget qui a déçu nos attentes : en effet, la méthode de présentation du budget a été modifiée, sous la forme nouvelle d’un budget par activités. Nous en avons la triste habitude, puisque l’exécutif du Grand Est modifie la présentation du budget chaque année depuis 3 ans.

Or, en se tournant vers la nomenclature officielle du budget primitif voté par fonction, nous avons noté que les ratios et indicateurs financiers présentés sont quasiment tous en-deçà de la moyenne nationale :

- Le Taux d’Épargne Brute est prévu à 14,8 % en 2020. La moyenne nationale est de 20 % soit 5,2 points au-dessus du TEB de la région.

- La capacité de désendettement passe de 5,5 années en 2018 à 6,2 années en 2020 avec une moyenne nationale à 4,7 années soit 32 % d’écart.

- La dette par habitant atteint 439€ par habitant en 2019 contre 418€ par habitant de moyenne nationale.

- Les dépenses d’investissement par habitant atteignent laborieusement 97€ par habitant quand elles sont de 119€ par habitant à l’échelle nationale.

Quant à la situation financière générale, elle est extrêmement délicate. L’équation est la suivante : une baisse des recettes et en même temps une augmentation des dépenses d’investissements, cette augmentation étant en réalité financée par un surcroît de dette publique !

Le problème dans ce système bien huilé, c’est que certains chapitres budgétaires sont rabotés pour éviter que la dette ne s’envole. Par conséquent, ce sont des subventions, des aides et des avances remboursables en moins pour les acteurs de nos territoires. Sans doute pour pouvoir afficher un joli budget, l’avant dernier avant la prochaine gouvernance… Cette année, outre l’agriculture, le grand perdant est le budget dédié au développement économique, c’est-à-dire au soutien des entreprises et des entrepreneurs. Moins pour la sauvegarde et le rayonnement industriel de notre territoire mais plus pour des péniches et des festivals.

La coupe en question représente une baisse colossale de 31 % des investissements dans le secteur du développement économique en un an. Le montant des crédits alloués aux investissements des entreprises passe ainsi de 143M€ en 2019 à 98M€ en 2020.

Pour conclure, nous pouvons affirmer que ce budget est aussi irréaliste qu’opaque. Irréaliste, car il a démontré son incapacité à répondre aux défis de nos territoires. Opaque, quand on ne retrouve pas la ligne des 6,4 millions d’euros dédiée à la promotion de l’image et la notoriété de la région. Vivement un changement de majorité !