Fermeture de Fessenheim : quand la peur et l’ignorance guident nos politiques publiques

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Communiqué du groupe Rassemblement National Alsace Champagne-Ardenne Lorraine.

Le RN soutient les salariés qui résistent à la fermeture de Fessenheim !

Après plus de quarante années d’exploitation, le réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim va être éteint d’ici la fin du mois. C’était la catastrophe de Fukushima qui avait poussé en 2011 le gouvernement socialiste à entreprendre une sortie du nucléaire, sous le coup de l’émotion et de l’effroi. La fermeture de la plus ancienne centrale nucléaire de France est une capitulation, à la fois pour la composition du mix énergétique français, mais aussi pour l’avenir de la commune de Fessenheim et de la communauté de communes du Pays Rhin-Brisach, dont l’emploi et les finances locales sont désormais en danger. Cette  fermeture est si peu consensuelle qu’une partie du personnel de la centrale refuse de la mettre à l’arrêt. Ils sont à la fois confiants dans l’avenir de leur outil de production et furieux de ne pas pouvoir terminer les carrières qu’ils y ont commencées.

Cette fermeture est en effet une erreur majeure : elle va participer à augmenter les émissions de CO2, la pollution et le réchauffement climatique en France. Les énergies de substitution au nucléaire sont des énergies intermittentes, le soleil et le vent. Par quoi remplacer cette production d’énergie, si ce n’est pas l’importation d’autres énergies, moins propres, telles que le gaz, qui ne sont pas produites en Europe et dont le recours accroîtrait la dépendance de la France aux approvisionnements extérieurs en énergies sales ? Il semble en effet impossible de remplacer le nucléaire par la seule autre énergie propre – l’hydroélectricité – faute de sites en France. D’autre part, la fermeture de Fessenheim a été justifiée par son âge et son caractère vétuste – cependant la majorité des centrales nucléaires françaises ont été construites et mises en route dans le même génération que celle de Fessenheim. Si l’on poursuit cette logique, la fermeture de la plus ancienne centrale française pourrait être un prélude à la fermeture de la quasi-intégralité de notre parc nucléaire.

Pour conduire la transition énergétique, sacrifier la part du nucléaire dans notre mix énergétique est la pire des solutions : les renouvelables ou la biomasse ne pourront seules assumer son remplacement ; de plus, leur exploitation suppose des techniques extrêmement sales, ainsi que le précisait le journaliste d’investigation Guillaume Pitron dans son essai La guerre des métaux rares, la face cachée de la transition énergétique, publié en 2018. Quant aux dangers sanitaires du nucléaire, qui sont à l’origine de la peur de nos autorités et de certains de nos concitoyens en ce qui concerne l’exploitation de ce type d’énergie sur notre territoire national, ils devraient faire l’objet d’une lecture plus dépassionnée, mieux informée. Un rapport de l’UNSCEAR, instance de l’ONU s’intéressant aux dangers du nucléaire, avait rendu un rapport sur la catastrophe de Fukushima en 2014, dans lequel les scientifiques affirmaient que les surplus de radiations n’avaient pas causés de victimes. Quand les passions dictent nos politiques publiques, la raison démissionne. Comparativement, selon la revue scientifique The Lancet, l’exploitation du charbon tuerait 30 personnes par milliard de kilowattheure produit. Soyons raisonnables et souhaitons le meilleur pour notre pays. Ne sacrifions pas une source d’énergie déterminante pour conduire une transition énergétique nécessaire, il y va de l’avenir de notre nation et de celui de nos territoires. Pour l’heure, tout notre soutien va aux salariés en lutte de Fessenheim, qui ont été trahis par les autorités publiques alors que leur tâche est fondamentale.