Il n’y a plus de majorité régionale au Conseil régional du Grand Est !

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Communiqué de Virginie Joron, Présidente du groupe RN Alsace Champagne-Ardenne Lorraine.

Le site officiel d’En Marche a révélé la liste des candidats soutenus par le parti présidentiel dans la région Grand Est. Hautement instructif, ce document atteste d’un bouleversement en profondeur du paysage politique en Alsace, en Champagne-Ardenne et en Lorraine en perspective des élections municipales de mars 2020. Sa première conséquence est de fracturer en mille morceaux l’unité politique de la majorité régionale au conseil régional du Grand Est.

Depuis la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle de 2017, son parti politique La République En Marche a révélé ses multiples failles. Il dispose de peu de relais locaux, d’un maillage territorial très faiblement développé et nombre de ses élus, qui n’ont pas ou très peu d’expérience en politique, sont qualifiés « d’amateurs ». Pour imposer son « nouveau monde », former son gouvernement et structurer son réseau de décideurs, le parti « progressiste » a dû recruter, dès les législatives de 2017, parmi le vivier des cadres politiques des deux grands partis français en déliquescence : d’un côté Les Républicains, de l’autre, le Parti Socialiste. Cette opération de recyclage des personnalités les plus opportunistes de « l’ancien monde » est en passe d’être mise en œuvre une nouvelle fois encore, à l’occasion des élections municipales, comme une première étape de la recomposition de notre paysage politique local, avant les élections départementales et régionales de l’année prochaine.

Jusqu’à présent, le conseil régional du Grand Est était gouverné par un parti prédominant, Les Républicains, en alliance avec l’UDI et le MODEM. Aujourd’hui, le chef de file de la Région demeure le Républicain Jean Rottner, mais ce dernier semble avoir perdu toute marge de manœuvre au profit des élus ralliés à LREM, dont il est à présent la marionnette.

De nombreux élus issus de la majorité mais aussi des rangs de l’opposition au conseil régional du Grand Est sont désormais unis par le soutien commun du parti présidentiel : c’est le cas d’Alexandre Cassaro, conseiller LR du Grand Est, soutenu par LREM à Forbach, d’Henry Lemoine, conseiller LR du Grand Est, maire sortant et candidat soutenu par LREM à la mairie de Pont-à-Mousson, mais aussi de Christophe Choserot, membre groupe Les Progressistes à la Région Grand Est, maire sortant et candidat investi par LREM à la mairie de Maxéville. Mais la majorité n’est pas la seule à être fracturée, l’exécutif régional n’a jamais été aussi ouvertement divisé. En effet, quatre vice-présidents de la Région Grand Est sont soutenus par le parti présidentiel : Franck Leroy, VP du Grand Est en charge de l’Équilibre des Territoires, soutenu par LREM à la mairie d’Epernay ; David Valence, VP aux Transports du Grand Est, maire sortant et candidat soutenu par LREM à la mairie de Saint-Dié-des-Vosges ; François Werner, VP du Grand Est à la coordination des politiques européennes,  candidat soutenu par LREM à la mairie de Villers-lès-Nancy et enfin Nicole Muller-Becker, VP Grand Est à la coopération transfrontalière et au multilinguisme, ex LR candidate soutenue par LREM à la mairie de Sarreguemines.

Le parti présidentiel n’est pas seulement à la manœuvre au sein du conseil régional, il semble en passe de recomposer le paysage politique de nos trois anciennes régions, en s’alliant tantôt à des personnalités issues du PS ou des Républicains, tantôt en installant un rival en face des candidats issus de ces mêmes partis. C’est le cas d’Éric Vuillemin, maire sortant LR et candidat soutenu par LREM à la mairie de Romilly-sur-Seine, de Pierre Cuny, maire sortant LR puis DVD de Thionville, soutenu par LREM, de Benoist Apparu, maire sortant LR Châlons-en-Champagne, soutenu par LREM, de Jean-Pierre Bouquet, maire sortant PS et candidat soutenu par LREM à la mairie de Vitry-le-François, d’Emmanuel Provin, ancien chef de cabinet de la socialiste George Pau Langevin, ancien candidat du PS, puis sans étiquette aux législatives dans l’Aube en 2017, candidat soutenu par LREM à la mairie de Bar-sur-Aube et d’Alain Fontanel, cadre historique du PS en Alsace, tête de liste LREM à Strasbourg.

LREM est en train d’installer dans le nouveau paysage politique régional en vampirisant l’influence locale de LR et du PS, ainsi qu’en accélérant leur destruction. Pour s’en rendre définitivement compte, il suffit de constater que le parti présidentiel a installé un candidat en face de chacune des personnalités choisies par LR dans les grandes villes. Ainsi LREM soutient-il son propre candidat en face de ceux de LR et du PS à Strasbourg, mais aussi Lara Million à Mulhouse, concurrente directe de Michèle Lutz, candidate LR soutenue par le président du conseil régional LR Jean Rottner. Les ambitions de LREM sont donc en contradiction directe avec le chef de file des Républicains à la Région mais aussi avec celui que l’on présente dans les médias comme le futur espoir de LR, François Baroin, contre lequel le parti d’Emmanuel Macron soutient Loëtitia Carougeat pour remporter la mairie de Troyes.